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Sauver la planète en reboisant !

 

Les changements climatiques ne sont plus à notre porte, ils font maintenant partis intégrants de nos quotidiens (canicules inondations, ouragans, etc.). La source principale est bien connue, soit l’utilisation intensive de carburants fossiles émettant du gaz carbonique dans l’atmosphère (1). La planète entière est dépendante du pétrole. Les changements climatiques affectent l’entièreté des pays du globe qu’ils soient riches, pauvres, nordiques ou tropicaux.

Photo – Le Devoir

La revue américaine Science a publié une étude réalisée par des chercheurs suisses ‘The global tree restoration potential’ (2) (Le potentiel global de restauration par la plantation d’arbres’). En analysant 78,774 données de couverture forestière issues de photo-interprétation, superposées aux contraintes climatiques, le potentiel des sols, la topographie et les conditions édaphiques, ils ont estimé qu’il aurait un potentiel de reboisement de 900 millions d’hectares. Ce sont les superficies pouvant supporter une couverture forestière mais qui en sont présentement exempts.

Cette remise en couverture forestière devrait se réaliser là où le climat permet la meilleure croissance pour fixer plus de carbone par hectare en moins de temps, on pense naturellement aux régions tropicales. Par contre pour diverses raisons dont la perte actuelle des superficies forestières et l’augmentation prévue des pertes dues aux intempéries climatiques, les chercheurs avancent que ces pays ne sont pas ceux à prioriser. Ils avancent que la Chine, l’Australie, la Russie, les États-Unis, le Brésil et le Canada sont les endroits avec le plus grand potentiel pour réaliser ce reboisement.

Science, Évaluation du risque futur de changement du potentiel de couverture forestière (3)

Cet énorme effort de reboisement permettrait de retirer des mégatonnes de carbone et ainsi fixer une partie du carbone émis antérieurement par notre civilisation. Par contre, il est aussi primordial de limiter, voir de ne plus utiliser les combustibles fossiles. L’effort de reboisement est primordial pour compenser les actions passées mais ne peut pas cautionner une inaction environnementale mondiale.

Science (3) – (A) Potentiel global de restauration forestière, superficie de 4,4 milliards HA,

(B) et (C) Superficie de (A) auquel les superficies forestières, urbaines et agricoles ont été soustraites. Le potentiel de restauration est 0,9 milliard d’HA.

La restauration des 0,9 milliard d’ha permettrait de fixer 205 GtC sur quelques décennies et réduirait significativement la quantité de carbone déjà émise par l’activité humaine, laquelle est estimée à 300 GtC.

Cette solution place la restauration d’écosystèmes comme la solution la plus efficace et la moins coûteuse pour atténuer les changements climatiques.

‘ Le meilleur moment pour planter un arbre était il y a 20 ans, le deuxième meilleur moment est maintenant   » 

Proverbe chinois

 

Ken Dubé ing.f.

  1. La consommation mondiale de pétrole représente 97,4 millions de barils par jour (mbj) en 2017 (dont 57 mbj par les pays hors OPEP). Cela représente l’équivalent de la contenance de 5,162 piscines olympiques par jour ou encore l’équivalent de 1,127 barils ou 179,000 litres par seconde.
  2. Science – The global tree restoration potential, Vol. 365, No. 6448, p. 76-79, Juillet 2019.

Chronique complémentaire – Le bois, un produit vert par substitution

Avis de recherche forestière No 8 / Ministère des ressources naturelles – Planter des arbres pour capter le CO2 !

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Quelques données sur la forêt estrienne

Consulter la liste des professionnels forestiers et des Groupements forestiers de l’Estrie

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Qu’en sera-t-il de la forêt privée estrienne ?

Les livraisons des quatre dernières années, selon les données de la FPFQ et du MFFP, provenant du territoire de l’AMFE démontrent que l’Estrie a fait ses « devoirs » à l’enseigne de la Mobilisation des bois. Les volumes combinés sciage et pâtes de 872 784 m3s dépassent la cible 2018 de 2%, ce qui place l’Estrie au deuxième rang au tableau des récoltes en forêt privée après le Bas-Saint-Laurent. Forts de cette performance, les partenaires estriens ont fixé la cible 2019 à 870 000 m3s; ce qui devrait stimuler les ardeurs des propriétaires, conseillers forestiers et entrepreneurs.

 Pour considérer ces données concluantes en regard de la possibilité de 1 800 000 m3s en petite forêt privée estrienne, nous devons soustraire les apports des grandes forêts privées (800 ha et + d’un seul tenant, environ 130 000 ha) transitant par le décompte du SPFSQ et de l’APBB, soit 96 626 m3s, ce qui ramène la contribution de la petite forêt privée à 776 158 m3s. S’ajoutent à cette « récolte officielle » environ 200 000 m3s de bois de chauffage (90 000 cordes 16’’x4’x8’) ainsi que des volumes utilisés à des fins domestiques. Au total, à peu près 54% de la possibilité forestière se traduit en récolte de produits ligneux. Le capital forestier estrien est donc amplement protégé, ce qui laisse anticiper des cibles augmentées.

 Il en va de même pour l’ensemble de la forêt privée du Québec qui pourrait répondre jusqu’à 25%, voire plus, des besoins de l’industrie. Faut-il le rappeler à nouveau, les forêts privées du Québec constituent 16% des forêts productives du Québec. Surtout localisée dans le Québec méridional, elle est une « référence forestière » pour la majeure partie de la population qui y habite et y circule. L’aménagement et la récolte, autant que les services écologiques et les valeurs paysagères auxquelles s’ajoutent des qualités de bien-être collectif et d’attractivité personnelle, sont sous l’oeil constant – ou devrait l’être – des gouvernements locaux, d’instances régionales et locales vouées à l’environnement et d’une vigilance citoyenne mieux outillée pour l’observer et y pénétrer avec un regard critique. Si l’Estrie, forestière à 77% de son territoire, affiche une certaine sensibilité en ces matières, sa marque distinctive comme « région forestière » est plutôt embryonnaire, sinon timide.

Érablière aménagée pour la production ligneuse, canton de Newport

Déficit d’aménagement…?

 Malgré une augmentation substantielle des livraisons ces quatre dernières années, nous observons en Estrie une baisse du nombre de producteurs forestiers reconnus de 4 646 en 1998 à 3 606 pour 2019, une baisse de 22 %, pour une diminution des superficies forestières sous aménagement passant de 396 800 ha à 329 312 ha, une baisse de 17 %. L’Estrie compte quelque 9 200 propriétaires forestiers. Est-ce pour cause de non-renouvellement du plan d’aménagement à son échéance de 10 ans? Vieillissement, désintérêt, valeurs changeantes des propriétaires? Stratégie de recrutement de propriétaires inactifs à revoir? Un désintérêt relatif des décideurs politiques régionaux et locaux sur la question des forêts? Prix du bois? Une intensification de la production ligneuse sur les lots toujours sous aménagement? Manquons-nous collectivement d’ambition forestière? Cherchons-nous à entretenir le passé plutôt qu’à produire du futur… forestier? Comme propriétaires-producteurs forestiers, sommes-nous à jour dans nos façons de penser et de faire? Votre explication est à prendre en compte.

 Puisque ce « déficit d’aménagement » peut constituer une menace à la Mobilisation des bois en forêt privée, l’embellie actuelle de récolte durera-t-elle? Les partenaires de la forêt privée devront se faire davantage visionnaires, convaincants et… concertés. Au global, la forêt privée estrienne présente, on le sait, topographie et conditions climatiques et de sol aidant, une possibilité forestière substantielle. La demande pour ses types d’essences est appréciable, mais l’offre pour ses produits ligneux doit être davantage stimulée. Sa promotion est à revoir, elle manque de tribunes. L’Estrie, région forestière! Osons l’affirmer.

 

Massif forestier, secteur des Appalaches

Chaire de leadership en… forêts privées (Université Laval)1

Dans le cadre du récent Carrefour Forêts 2019 (2-3-4 avril), le Ministre des Forêts a annoncé la mise en place prochaine d’une chaire de recherches sur les forêts privées suite aux efforts combinés en ce sens de l’ULaval, de la FPFQ et de Domtar. Il était temps!

 Depuis nombre d’années, la propriété de la forêt privée est en mutation; sa fiscalité foncière de plus en plus lourde suit une évaluation marchande quasi inaccessible à la relève; sa possibilité forestière est en hausse, mais la récolte de produits ligneux est globalement en deçà de la barre des 50%; le prix du bois affiche, malgré la proximité des usines, des variabilités peu rassurantes quant à la stabilité des revenus et des efforts de récolte des petits propriétaires ; les méthodes de récolte se définissent maintenant en fonction des technologies aussi mécanisées qu’informatisées reléguant les travaux manuels à l’historicité, voire au folklore; la main-d’oeuvre commence à faire défaut; etc.

 Au registre de la gestion des forêts privées, bien qu’ingénieurs et techniques forestiers arborent des compétences actualisées, biologistes, écologistes, aménagistes et géomaticiens y intègrent des compétences complémentaires. Les élus municipaux maintenant conscients de la durabilité des forêts, donc une source d’impôt foncier, assujettissent les propriétés forestières à des réglementations à géométrie variable selon les localités ou MRC et les modes d’aménagement, de la conservation intégrale à l’intensification de la production ligneuse. Désormais, le parcellaire forestier évolue selon les valeurs de chaque propriétaire. Et voilà maintenant que les milieux humides s’ajoutent à cette gestion complexe avec leurs multiples spécificités.

 À cette trame forestière se greffe un empilement de structures (services gouvernementaux, associations diverses, groupements, coopératives, syndicats et offices, fédérations, agences, organismes environnementaux, grands propriétaires, etc.) tout aussi convaincues les unes que les autres de leur raison d’être et de leur importance stratégique dans le devenir des forêts privées.

 Vivement, il est grand temps que la forêt privée québécoise passe sous la loupe… multidisciplinaire, sciences sociales comprises. En Estrie, sa « performance » en fonction des valeurs du temps présent, demeure néanmoins remarquable. Mais sa pérennité qualitative à la lumière des changements sociaux, politiques, économiques et… climatiques à l’oeuvre doit être l’objet d’un nouveau questionnement, de nouvelles réponses à de vieilles questions.

 « C’est une chose de reconnaître une nécessité et c’en est une autre de se mettre au service de cette nécessité. » (Rudolf Hilferding, 1877- 1941)

Voilà, à mon opinion, le double défi de la Chaire d’étude sur la forêt privée. Les partenaires de la forêt privée estrienne y seront particulièrement attentifs.

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Jean-Paul Gendron, président

Agence Mise en valeur des  Forêts de l’ Estrie

Juin 2019

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La plantation d’épinette blanche loupée

Le travail d’aménagement de la forêt nous réserve parfois des surprises. En voici un exemple;

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L’éclaircie commerciale feuillue

L’éclaircie commerciale consiste à récolter une proportion des arbres marchands dans un peuplement. Elle permet de redistribuer le potentiel de la station sur un nombre restreint d’arbres dans les essences recherchés.

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