Les aménagements fauniques intégrés aux travaux sylvicoles

Les aménagements fauniques intégrés aux travaux sylvicoles

Les travaux d’aménagement avec récolte ont une incidence sur la composition du peuplement, la densité des tiges, l’apport de lumière au sol et éventuellement sur la composition et la densité des sous-bois. Les modifications apportées aux peuplements grâce aux aménagements forestiers peuvent ainsi influencer l’utilisation qui en est faite par les espèces fauniques.

Il est possible d’allier les objectifs sylvicoles à des objectifs de mise en valeur faunique.

Le propriétaire doit, en premier lieu, établir ses objectifs personnels. Il doit également définir les espèces fauniques qu’il aimerait favoriser sur sa propriété.

Le professionnel aura ensuite la tâche, lors des analyses sur le terrain, de valider les opportunités et la possibilité d’y donner suite. L’absence d’une espèce dans le secteur ou encore la présence de peuplements offrant actuellement peu de potentiel seront des facteurs à prendre en compte.

L’acquisition de connaissances sur les particularités de la forêt ne se limitera pas aux inventaires forestiers. Il sera important d’intégrer l’analyse des habitats fauniques présents, principalement en termes d’abri et d’alimentation, et d’envisager l’ensemble des améliorations possibles à apporter aux différents peuplements selon les besoins de l’espèce à privilégier.

Les potentiels offerts par les peuplements sur les propriétés voisines viendront aussi approfondir les connaissances. Ils permettront d’obtenir une vue d’ensemble pour mieux orienter les aménagements fauniques. Après tout, les habitats fauniques et les domaines vitaux ne connaissent pas les limites de propriété.

L’analyse des travaux sylvicoles proposés sera réalisée en y intégrant les aménagements spécifiques adaptés aux particularités de chaque propriété et selon les espèces fauniques que le propriétaire désire favoriser.

Le domaine vital de chaque espèce étant assez variable, les aménagements à réaliser seront ciblés dans les secteurs à plus forte incidence sur l’espèce choisie. À l’intérieur de ce dernier, l’espèce utilise différents habitats selon la saison et ses besoins. (vg Galerie d’images – Faune). Les caractéristiques des secteurs d’abri, de nourriture, de passage, de nidification ou encore d’élevage sont propres à chaque espèce. Lors de la réalisation de travaux sylvicoles, des ajustements peuvent être apportés pour améliorer ou conserver certaines caractéristiques de ces habitats, généralement composés de plusieurs peuplements.

 

À titre d’exemple, selon la diversité des habitats présents, le lièvre d’Amérique utilise un domaine vital de 2 à 4 hectares alors que celui du chevreuil peut couvrir au-delà d’une centaine d’hectares. Dans le premier cas, il est probable que la majorité du territoire utilisé se retrouve à l’intérieur de la propriété aménagée, tandis que les travaux pour favoriser le chevreuil permettront d’influencer qu’une partie du domaine vital, selon les particularités forestières propres à la propriété.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les aménagements spécifiques pourront être réalisés à même les travaux de récolte, comme la mise en place de monticules de branches d’abri pour le lièvre, le dégagement d’ilots résineux denses, ou encore la préparation d’aires de nourriture pour le chevreuil. La planification globale des aménagements permet d’optimiser l’utilisation de la machinerie et d’en diminuer les coûts. Des aménagements peuvent se réaliser suite aux travaux, tel l’ensemencement d’aires d’empilement ou de sentiers de débardage et la mise en place d’étangs à sauvagine (valider avec les lois et règlements applicables).

 

Ces aménagements peuvent se financer, en tout ou en partie, à même les revenus tirés de la récolte des bois issus des travaux sylvicoles.

 

La mise en place des infrastructures pour accéder à l’ensemble de la propriété est un autre élément important à ne pas négliger au moment de planifier les aménagements sylvicoles et fauniques.

 

L’aménagement intégré des ressources présentes sur la propriété permet d’en augmenter la valeur intrinsèque et agrémente d’autant le plaisir d’y séjourner.

 

 

Manon Ayotte ing.f., Aménagement forestier coopératif des Appalaches

          

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