Peut-on faire un rapprochement entre la COVID-19 et nos forêts ?

PEUT-ON FAIRE UN RAPPORCHEMENT ENNTRE LA COVID-19 ET NOS FORÊTS ?

 

La planète vit un bouleversement historique. La pandémie de la COVID-19 affecte grandement l’espèce humaine. Elle s’est propagée très rapidement via les transports intercontinentaux faciles et multiples.

Mais qu’en est-il pour les espèces végétales dont les arbres de nos forêts ? Ont-elles ou vivent-elles de grandes perturbations d’agents pathogènes issus de l’étranger ?

Des espèces exotiques attaquent nos arbres indigènes

Le transport de bois ou de plantes exotiques depuis le continent européen ou asiatique depuis plus d’un siècle a eu des conséquences dévastatrices pour plusieurs espèces d’arbres.

  • Orme: un champignon introduit dans les années 1940 qui a conduit à la quasi disparition de cet arbre majestueux. Un insecte, le scolyte, est le vecteur qui introduit le champignon dans l’arbre. Celui-ci cause un flétrissement vasculaire qui empêche la circulation de la sève et provoque l’assèchement et la mort de l’orme.

  • Châtaignier d’Amérique: un champignon d’origine asiatique a été introduit au début des années 1900. Le châtaignier constituait 25% des arbres dans les Appalaches, soit du Maine jusqu’au Mississipi. En quelques décennies seulement, plusieurs milliards d’arbres sont morts. L’espèce est aujourd’hui quasiment disparue. Lorsque de jeunes tiges poussent à partir de racines, ils atteignent rarement plus de 6 mètres de hauteur.

  • Noyer cendré: le noyer cendré est sérieusement menacé par un chancre. La maladie a été signalée pour la première fois en 1967 aux États-Unis et en 1990 au Québec. Dans certaines zones, 90 % des noyers cendrés ont été exterminés. Le noyer est sur la liste des espèces menacées de disparition.

    • Frêne: l’agrile du frêne est un insecte originaire de l’Asie du Sud et a été introduit dans les années 1990. La plupart des frênes nord-américains sont très vulnérables et des millions d’arbres dans des zones forestières et urbaines au Canada sont morts. Aucun prédateur naturel nord-américain, comme le pic-bois, les autres insectes ou les parasites, n’a pu ralentir la propagation de l’agrile du frêne.
  • Hêtre: la maladie corticale du hêtre survient lorsque les spores des champignons s’introduisent par des blessures faites à l’écorce, entre autres celles causées par la cochenille du hêtre, un insecte exotique. Cet insecte suceur crée des milliers de microblessures dans l’écorce afin de se nourrir. Une substance produite par la cochenille empêcherait la cicatrisation des blessures. Les spores des champignons pathogènes peuvent y germer, et ce, sans réaction immédiate de l’arbre.

Cette liste donne froid dans le dos. On s’aperçoit via les arbres de nos forêts de l’effet pervers de nos économies si interreliés. Les produits importés à faible coût ont un envers de médaille fortement ressenti dans nos peuplements forestiers.

Le prochain ?

La ruée des espèces exotiques introduits et dont les ravages sont énormes nous amène à se poser la question à savoir, le prochain ?

Malheureusement, un insecte ravageur est déjà à nos portes. Le longicorne asiatique est présent dans l’état de New York. Il s’attaque principalement aux feuillus et raffole des érables. On ne peut que redouter son introduction pour nos forêts méridionales dont l’industrie acéricole dépend.

Préparer nos forêts

Nos forêts méridionales sont diversifiées. Elles subissent les contrecoups de l’invasion périodique d’agents pathogènes exotiques. Leur résilience est issue de leur diversité et de leur biodiversité.

L’aménagement de nos forêts est un des outils nécessaires pour préserver leur résilience et minimiser les effets des envahisseurs mais aussi les préparer aux changements climatiques à venir.

Une réflexion intéressante est apportée par M. Christian Messier de l’UQO (Université du Québec en Outaouais) lors de l’émission de la Semaine verte du 6 février 2021 (1).

L’homme, responsable des introductions d’envahisseurs, a également la connaissance et les outils pour minimiser ces impacts. L’aménagement forestier demeure un outil important pour atteindre cet objectif de résilience.

 

Ken Dubé ing.f.

 

(1) La semaine verte, Christian Messier : Nos forêts

Les forêts jouent un rôle économique, culturel et écologique de premier plan au Canada puisqu’elles couvrent plus du tiers de la superficie de notre territoire. Rencontre avec Christian Messier pour parler de l’évolution de nos pratiques forestières et de ce qu’il faudrait faire pour s’assurer d’avoir des forêts prospères.

https://ici.radio-canada.ca/tele/la-semaine-verte/site/segments/reportage/342231/entrevue-christian-messier-foresterie-avenir

Chroniques déjà parues:

Changements climatiques

https://foret-estrie.ca/amenagement/changements-climatiques/lamenagement-forestier-une-solution-naturelle-aux-changements-climatiques/

https://foret-estrie.ca/amenagement/erables-et-feuillus/erable-a-sucre-colonisera-t-elle-la-foret-boreale/

Maladies des arbres

https://foret-estrie.ca/amenagement/sylviculture/preparer-sa-foret-a-larrivee-de-lagrile-du-frene/

https://foret-estrie.ca/amenagement/erables-et-feuillus/la-maladie-corticale-du-hetre/

Références;

Ormes

Châtaignier d’Amérique

Noyer cendré

https://fr.wikipedia.org/wiki/Noyer_cendr%C3%A9

https://www.rncan.gc.ca/nos-ressources-naturelles/forets-foresterie/feux-de-vegetation-insectes-pert/principaux-insectes-maladies-des/chancre-du-noyer-cendre/13376

Frênes

Hêtre

https://aimfc.rncan.gc.ca/fr/maladies/fiche/9

Longicorne asiatique

https://www.rncan.gc.ca/nos-ressources-naturelles/forets-foresterie/feux-de-vegetation-insectes-pert/principaux-insectes-maladies-des/longicorne-asiatique/13370

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