La sylviculture estrienne, en évolution depuis 15 années (partie 2)

LA SYLVICULTURE ESTRIENNE EN ÉVOLUTION DEPUIS 15 ANNÉES (PARTIE 2)

 

La sylviculture estrienne a évolué depuis les dernières décennies. Les années ’80 et ‘90 étaient celles des travaux non commerciaux (reboisement, précommercial, entretien). À la sortie de la crise financière de 2008-10, la sylviculture a pris une direction résolument commerciale. La mise en valeur des peuplements naturels et les plantations occupent le haut du pavé et représentent maintenant 80 % des investissements sylvicoles estriens. (v.g. La sylviculture estrienne, en évolution depuis 15 d’années, publiée le 25 janvier 2021).

Jeunes et vieilles plantations

Leviers économiques

Ce changement dans les orientations sylvicoles a eu un effet majeur sur les incidences économiques. Un travail non commercial génère une activité économique immédiate en salaires versés aux ouvriers sylvicoles. La prochaine intervention dans ces peuplements se réalisera généralement 20 à 25 années plus tard lors de la première éclaircie commerciale.

Les travaux d’aménagement avec récolte incluent les coupes d’éclaircie, de jardinage, d’ensemencement et génèrent des retombées économiques immédiates avec les salaires versés aux entrepreneurs. Les bois récoltés sont transportés aux usines régionales de transformation et où elles génèrent une plus-value économique importante.

Le retour dans ces mêmes peuplements pour une prochaine intervention sylvicole variera entre 10 et 20 ans, selon l’intervention nécessaire.

Coupe d’ensemencement dans un peuplement résineux

Faune

La faune estrienne est diversifiée. Le cerf est en quelque sorte son chef de file avec lequel l’orignal et le petit gibier cohabitent allègrement. Comment l’aménagement avec récolte l’affecte-elle ?

Les objectifs des travaux sylvicoles ont plusieurs objectifs dont l’assainissement, l’installation de régénération, la productivité, le maintien de la résilience des peuplements et la récolte de la maturité. Ceux-ci concordent avec les besoins des différentes espèces fauniques occupant les peuplements aménagés.

Les travaux sylvicoles avec récolte apportent une nourriture immédiate, entre autres aux cervidés, d’autant plus importante en hiver. Les ouvertures créées permettent l’installation de régénération nécessaire à leur nourriture et éventuellement à leur abri.

Les peuplements résineux sont essentiels pour l’hivernage. Lorsque qu’ils atteignent leur maturité, l’installation d’une régénération est essentielle pour éviter la perte de ces habitats. L’aménagement régulier de ces peuplements est la meilleure recette pour les maintenir.

La perte de lieux d’hivernage provoque le déplacement d’espèces les occupant. Ils migrent vers d’autres lieux, habituellement déjà occupés.

Travaux hivernaux dans une cédrière et ses effets bénéfiques pour le cerf

Résilience face aux perturbations climatiques

Les forêts aménagées et en santé offrent une meilleure résilience face aux perturbations climatiques majeures. Sans leur assurer une immunité, les périodes de grands vents ont moins d’emprise sur les forêts aménagées.

Les peuplements non aménagées et trop denses ont souvent un débalancement du rapport diamètre-hauteur. Ils deviennent plus susceptibles aux chablis.

Forêts en santé et dynamiques

Les forêts de l’Estrie sont localisées sur des sites riches ce qui leur permet d’avoir une bonne productivité. Elles sont diversifiées et y abritent une faune et une flore tout aussi variées.

La sylviculture dynamique pratiquée ces dernières décennies maintient ce dynamisme de notre patrimoine forestier.

 

Ken Dubé ing.f.

Compléments de lecture:

La sylviculture estrienne, en évolution depuis 15 ans (partie 1)

Évolution de la forêt privée de l’Estrie de 1970 à 2000

Résumé du Plan de protection et de mise en valeur

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