L’impact de la COVID-19 sur le marché du bois d’œuvre (8 avril 2020)

L’IMPACT DE LA COVID-19 SUR LE MARCHÉ DU BOIS D’OEUVRE (8 AVRIL 2020)

Au fur et à mesure que les événements se succèdent depuis l’arrivée de la COVID-19, les économistes des plus importantes institutions au Canada et aux États-Unis révisent leurs prévisions du PIB et du taux de chômage. Plusieurs banques prévoient désormais une importante récession aux États-Unis et au Canada en 2020.

La plupart des analystes estiment néanmoins que les économies américaine et canadienne devraient rebondir sous forme de « V » si la durée des mesures de confinement n’est pas trop longue, c’est-à-dire que la reprise serait rapide et prononcée après ce ralentissement brutal. Dans le cas contraire, les dommages à l’économie pourraient être beaucoup plus importants puisque la reprise s’échelonnerait sur plusieurs trimestres. Si dans l’immédiat plusieurs usines de produits forestiers ont cessé ou ralenti leur production en raison de l’arrêt des chantiers de construction en Amérique du Nord, il est difficile de prévoir l’effet à moyen terme de la crise de la COVID-19 sur le secteur forestier.

Dans l’immédiat, les producteurs de bois de la forêt privée au Québec ont une forte exposition par rapport à la performance économique en général (croissance du PIB aux É.-U. et au Canada). De plus, les marchés des producteurs de bois sont aussi directement liés aux prévisions de mises en chantier au Canada et aux États-Unis puisqu’en 2019, 85 % des livraisons de bois de la forêt privée ont été destinées à la production de matériaux de construction.

Marché de la construction aux États-Unis et la demande de bois d’œuvre

La construction résidentielle n’est pas répartie également aux États-Unis, mais est plutôt concentrée dans certaines zones où les coûts des terrains et des permis de construction sont demeurés abordables et l’urbanisation est en expansion. En effet, plus de la moitié des mises en chantier unifamiliales dans ce pays sont situées dans les zones géographiques « South Atlantic, 31 % », « East South Central, 7 % » et « West South Central, 19 % », comme le montre le graphique suivant. Selon la firme Forest Economic Advisers (FEA), il sera très important de regarder l’évolution des restrictions de construction dans ces États du Sud des États-Unis pour connaître l’effet de la crise sur la demande de bois d’œuvre.

Il sera également important de surveiller l’imposition de restrictions sanitaires dans les États les plus proches du Québec, recevant la majorité des livraisons de bois d’œuvre d’ici. Par exemple, les récentes annonces du Michigan et de la Pennsylvanie sont de mauvais augure pour les scieurs québécois, considérant que ces États ont acheté 9,4 % et 7,2 % de la valeur totale du bois d’œuvre résineux exporté aux États-Unis en provenance du Québec en 2019.

Par Vincent Bouvet, B.A., Fédération des producteurs forestiers du Québec

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