Une forte augmentation du bois d’ingénierie

UNE FORTE AUGMENTATION POUR LE BOIS D’INGÉNIERIE 

 

L’année dernière aux États-Unis, il s’est construit 78 édifices commerciaux utilisant le bois d’ingénierie représentant 4 millions de pieds carrés. Un nouveau rapport sur les projets en bois d’ingénierie en Amérique du nord prédit que le nombre d’édifices pourrait doubler aux deux ans. En 2034, la demande en bois pourrait ainsi atteindre 12,9 milliards de pmp ce qui nécessiterait l’établissement de 77 millions d’acres (31 M ha) de nouvelles forêts.

Centre de services lac Fraser, Orford, SEPAQ. Source CECOBOIS

Le rapport de 156 pages produit par The Beck Group, Forest Business Network, and Kaiser + Path, a real estate developer/builder and architect étudie en profondeur l’approvisionnement actuel et projeté de la demande pour les composantes en bois d’ingénierie et en panneaux pour les É-U et le Canada. L’argument principal est qu’un accroissement significatif de bois d’ingénierie est possible sans provoquer une déforestation sérieuse. Le rapport justifie également ses prévisions d’un accroissement de l’utilisation de bois d’ingénierie par les avantages qu’il procure, comparé aux autres matériaux pour les propriétaires, entrepreneurs, architectes, locataires et pour l’environnement. (Si la demande de bois d’ingénierie augmente tel que prédit, le rapport prévoit que le secteur de la construction américaine stockera plus de carbone qu’il n’en émettra).

Est-ce que l’offre suivra la demande de bois d’ingénierie?

Le nombre d’édifices en bois d’ingénierie pourrait doubler aux deux ans jusqu’en 2034. À ce moment, l’industrie de la construction stockerait plus de carbone qu’elle n’en émet.

Source: North American Mass Timber report: 2020 State of the Industry

Une partie des hypothèses du rapport reposent sur des données incomplètes, par exemple, en discutant de la surexploitation des forêts, les conclusions se basent sur des estimations de 2012 pour les E-U et de 2016 pour le Canada. Le rapport estime qu‘une intensification de l’aménagement forestier du côté canadien est nécessaire pour accroître la résilience de nos forêts aux changements climatiques et aux infestations.

Néanmoins, le rapport place le bois d’ingénierie dans le contexte de l’approvisionnement de matériaux de construction disponibles. La production d’un pied cube de bois massif requiert 22,5 pmp. L’estimation de la demande de produits de bois massif a été entre 20 et 25 millions de pieds cubes. Les 450-500 million de pmp représentait moins de 1% du total de bois résineux consommé.

« Même si la demande accroît à 3 milliard de pmp par année (plus de 6 fois le niveau actuel), elle ne représenterait que 5% de la production actuelle de bois », conclut le rapport. « L’industrie du bois d’ingénierie pourrait s’accroître significativement avant d’avoir un impact significatif sur l’industrie du bois ». Le rapport croit que l’expansion de l’industrie du bois absorbera l’accroissement de la production de bois d’ingénierie.

Toutefois, le rapport note que la capacité de l’industrie du bois d’ingénierie de répondre à la demande future est inadéquate. Le rapport estime qu’en 2034, la demande serait de 576 millions de pieds cubes de bois d’ingénierie. Les industriels devraient accroître leur production par un facteur de 40. (Cela est possible, compte tenu que l’industrie a augmenté de 1 000% sa production entre 2010 et 2020).

L’investissement requis pour augmenter la capacité de production vaut le risque compte tenu du changement aux codes de construction permettant une hauteur de 18 étages en utilisant du bois d’ingénierie. Il permet d’améliorer le bilan environnemental du propriétaire de l’immeuble par 0,023 tonnes de compensation de carbone et 0,0047 tonne de séquestration par pied carré de surface.

La construction non résidentielle utilise actuellement que 5 % du bois d’ingénierie alors que le secteur résidentiel en accapare 70-75 % pour la construction et la rénovation. Le coût est un facteur, car le bois et le ciment est plus économique que les composantes CLT.

La construction et la rénovation résidentielle utilise 70-75 % de la production de bois annuellement. L’utilisation de bois en construction non résidentielle continue d’augmenter.

À Portland Orégon, un projet urbain de 20,000 pieds inclut un système CLT. L’entrepreneur qui construit également pour l’armée américaine sur plus de 40 sites dont Redstone Arsenal en Alabama l’a réalisé avec du bois d’ingénierie et a complété le projet 37 % plus rapidement avec 44 % moins d’heures travaillées.

La demande pour le bois d’ingénierie est la plus grande en Californie où 32 projets sont complétés et 68 autres sont à l’étape de la planification. Aux É-U, 248 sont complétés et 460 étaient en planification à la fin de 2019.

Le code international 2021 permettra la construction de 18 étages en bois d’ingénierie. Ces changements sont une des justifications pour recommander aux industriels d’augmenter leur production.

Les assureurs restent sceptiques

Le rapport affirme que les occupants ont une meilleure qualité de l’air et de confort thermique. Les propriétaires pourront bénéficier de l’impact carbone qui sera intégré dans la valeur marchande et d’un temps de construction réduit.

Les assureurs demeurent résistants à ces avantages, dont la résistance au feu et tendent à amalgamer l’ensemble des constructions en bois.

Condos Origine, Québec. Source CECOBOIS

Traduit de:

Building Design+Construction, A new report predicts significant demand growth for mass timber components

Lecture complémentaire:

Journal construire en bois, CECOBOIS, printemps 2020.

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