Historique de l’aménagement forestier en Estrie

HISTORIQUE DE L’AMÉNAGEMENT FORESTIER EN ESTRIE

 

Le début des interventions forestières en Estrie est indissociable de l’occupation du territoire. Les premiers colons se servent de la forêt pour leurs constructions, leur chauffage et leurs autres besoins.

Les premières usines de transformation dictent ensuite les interventions en forêt par les produits spécifiques qu’ils achètent, tels l’écorce de pruche, le chêne et le bouleau jaune de belle dimension sciage, etc.

L’exploitation de la ressource forestière ne date pas d’hier et au début du siècle dernier les camps hivernaux de bûcherons sont bien présents en Estrie. Quelques-uns un de ces camps sont localisés à Saint-Denis-de-Brompton et à Saint-Claude.

Les chevaux sont la motorisation de l’époque et ils descendent les bois en « sleigh » en suivant le lit des rivières pour rejoindre la rivière Saint-François ou la ligne de chemin de fer. Cela peut nous sembler un autre monde, car si proche de Sherbrooke…

Dans les années 40, débute la mécanisation des opérations et les entrepreneurs forestiers sont plus présents. Dans les décennies suivantes, la recherche des lots à bois se résume pour certains à « … achat de lot à bois, vente de fonds de terre … » on est à l’époque des pilleurs de lots.

Les propriétaires sont liés à cette époque au marché contrôlé par les « agents-brockers », qui achètent le bois des propriétaires et le revendent aux usines. Ils connaissent l’adage « achète bas, vend haut ».

Durant les années 70, alors que la mise en marché collective s’organise, la mise en commun des propriétaires pour s’offrir des services-conseils et une expertise sylvicole est mise en place par la création des Groupements forestiers. Le Syndicat des producteurs de bois de l’Estrie et les Groupements forestiers sont les moteurs des services d’aménagement forestier au service des propriétaires.

Les jeunes ingénieurs et techniciens forestiers y développent leur expertise.

Dans les années 80 et au début 90, le Québec tout entier est tourné vers les travaux de reboisement suite au programme des 300 millions d’arbres lancé par le gouvernement Lévesque.

Ces immenses efforts de reboisement et d’éducation des jeunes peuplements issus des coupes à blanc sont suivis par une intensification de l’éducation des peuplements plus âgés et qui nous porte aujourd’hui vers la récolte du fruit de ces travaux.

Les travaux s’orientent, à partir des années 2000, vers les premières éclaircies de plantation et les travaux d’éclaircie dans les peuplements feuillus, résineux et mélangés. Les forêts sont relativement jeunes et leur aménagement est un gage d’un développement futur empreint de valeur.

 

L’aménagement forestier d’aujourd’hui

Les travaux sont maintenant tournés vers la mise en valeur des forêts naturelles. Les travaux dont l’éclaircie, l’assainissement, le jardinage et l’ensemencement, sont réalisés en respect de la dynamique des forêts où elles sont pratiquées.

La majorité des bois récoltés sont issus de coupes partielles ayant pour objectif l’amélioration à long terme des peuplements et l’optimisation de la valeur.

Les professionnels forestiers de l’Estrie possèdent un bagage d’expérience et de connaissances, acquises au cours des dernières décennies, les rendant garants d’une récolte durable dans nos forêts.

Ils orientent les travaux d’aménagement vers les priorités et les besoins des propriétaires.

Les données de l’année 2016 du programme de mise en valeur des forêts privées de l’Estrie nous donne une bonne indication des priorités d’aménagement. Les travaux de récolte commerciale ont totalisé 3,078 hectares, soit une augmentation de 50% comparativement à l’année précédente. Ces travaux ne représentent qu’une partie de l’ensemble des travaux encadrés par les équipes techniques ou réalisés par les propriétaires eux-mêmes.

L’évolution rapide des méthodes de récolte passées des coupes à blanc ou abusives à des coupes d’aménagement, s’est opérée sur un court laps de temps, soit moins d’un cycle forestier. La forêt de l’Estrie s’en porte mieux et les efforts consentis augmentent la résilience de nos forêts, soutenant les industries, les collectivités et les individus qui en vivent.

On a longtemps envié jalousement la gestion forestière européenne.

Notre évolution vers des pratiques forestières durables nous démarque avantageusement.

Ken Dubé ing.f.

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