La forêt estrienne : la connaître pour la préserver

LA FORÊT ESTRIENNE: LA CONNAÎTRE POUR LA PRÉSERVER

 

La forêt est l’élément dominant du paysage estrien. Avec ses 810 000 hectares de forêts, soit 77 % du territoire, la forêt estrienne compte à peine pour 1% du couvert forestier du Québec. Ses particularités paysagères, sa biodiversité, sa productivité et sa forte privatisation lui confèrent une importance stratégique à la fois économique et écologique et placent cette « ressource naturelle » à l’origine de l’essor industriel de la grande région des Cantons-de-l’Est. Au 19e siècle, elle a fourni la matière première d’une industrie du sciage et des pâtes et papiers dont la production de capitaux jointe à un entrepreneuriat naissant a généré la diversification manufacturière du 20e siècle. Et en ce 21e siècle, voilà qu’elle devient une assise reconnue, mais guère mentionnée, d’une large gamme d’activités touristiques, sportives et de villégiature tout en demeurant un élément de premier plan de la trame industrielle du « produit bois ».

La forêt estrienne

En 2002, un premier Plan de protection et de mise en valeur (PPMV), à l’enseigne de l’Agence de mise en valeur de la forêt privée de l’Estrie (AMFE), présentait un portrait détaillé des particularités volumétriques, productives et écosystémiques du couvert forestier estrien. Ce document est devenu au fil des ans une référence de première main à la connaissance de cette « ressource naturelle » aux multiples avantages et potentiels stratégiques autant pour le développement économique de la région que pour l’amorce d’une connaissance plus approfondie de ses attributs naturels.

La forêt évoluant en volume, en qualité et en superficie, et les vigilances environnementales et citoyennes étant davantage manifestes, donc exigeantes en connaissances, une mise à niveau du PPMV s’impose sous une nouvelle mouture adaptée aux technologies de l’information actuellement en usage. Le PPMV version 2017 est volumineux puisqu’il est enrichi des nouveaux savoirs, de nouveaux concepts, de nouvelles approches qui permettent autant aux forestiers, aux aménagistes qu’aux écologistes un regard plus en profondeur des impacts des interventions humaines en terrain forestier. À titre indicatif, les services rendus par les milieux humides ne sont qu’une facette, parmi d’autres, de nouveaux intrants dans l’aménagement forestier. Idem pour les espèces animales et végétales en péril.

Mais la forêt estrienne, privée à 90 %, appartient à 9 200 propriétaires dont les valeurs ont passablement évolué ces 40 dernières années. Davantage porté sur la conservation, les loisirs, voire l’investissement à long terme, le propriétaire forestier estrien considère que la production et le vente de bois commerciaux, bien que constituant un revenu d’appoint, n’est pas sa motivation première. À peine 50 % de la possibilité de matière ligneuse était récolté en 2016. Le ou la propriétaire du lot moyen de 42 hectares a besoin d’être davantage convaincu(e) des gains à long terme de l’aménagement forestier. En ce sens, propriétaires, conseillers forestiers et entrepreneurs forestiers trouveront dans le PPMV des informations, voire des idées, propres à la promotion et à l’acceptabilité sociale d’une forêt estrienne aménagée marquée au sceau du bien-être collectif, de l’équilibre écologique et de la prospérité économique. Mieux la connaître, c’est en assurer la pérennité en qualité, en rendements écologique et économique, et en appréciation sociale et communautaire.

En bref, connaître la forêt estrienne, c’est lui découvrir:

– un avantage économique : des entreprises et des emplois, une industrie touristique diversifiée et attractive, un apport stratégique au développement régional;
– un avantage écologique : sa biodiversité, son régime hydrique, ses paysages, une réponse aux changements climatiques;
– un avantage social et culturel : une source de bien-être et d’épanouissement collectifs et individuels, un lieu d’inspiration; et
– un avantage spirituel et certainement philosophique : un espace de questionnements, lieu d’un appel de connaissances…

Jean-Paul Gendron,
Président
AMFE

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